De mon caractère

Sexisme, sexisme bienveillant, sexisme hostile, sexisme ordinaire…

Chez nous, les africains le sexisme, est tellement imprimé dans les mentalités que ce sont d’autres femmes qui vous font des remarques désobligeantes.

Je sens que pour moi l’heure est vraiment venu d’aller en Afrique, pour voir de moi même si ces valeurs que la communauté africo-religieuse d’occident prône sont vraiment le reflet de l’Afrique. (Mon mari y a grandit et il me répète sans cesse que non. Que les africains qui vivent en occident ont des tendances extrémistes).

On m’a souvent reproché d’être difficile, compliquée, capricieuse et inflexible. Pour m’améliorer, en grandissant j’ai souvent tenté d’éliminer mes limites, me taire, ne pas dire ce que je penses, rester gracieuse. J’ai fait de mon mieux pour ne pas être « Al Qaïda » jolie surnom affectueux et raffiné dont on m’avait affublé. C’est à ce moment là que j’ai donc commencé à retourner ma colère contre moi.

J’ai réalisé qu’à chaque fois que quelqu’un outrepassait mes limites, je prennais toute la frustration que ça créait en moi, je l’avalais bien profondément jusqu’à ce que je puisse esquisser un sourire large et candide. Comme si je n’étais pas le moins du monde atteint par cette agression.

Et puisque personne ne peut vivre comme ça. Il y a toujours un moment où la coupe est pleine. Et là…

Là, j’explosais dans une rage effrayante et enflammée. C’était d’autant plus choquant que beaucoup de personnes peuvent me côtoyer des mois, des années, avant de découvrir ce côté de moi.

Pourtant il est là. Il existe.

Après cette explosion, je me sentais coupable.

Mais avec l’âge j’ai décidé d’en finir.

Combien de fois je n’ai pas entendu des proches me dire « tu as le cœur trop chaud pour une femme » où encore « kitissa motema » ce qui veut dire « descend ton cœur, soit plus calme ». J’ai grandit, vieilli avec l’idée que j’étais « bouillante ».

En tant que femme d’origine congolaise où plus généralement africaine, on a pas le droit d’être. La femme africaine, c’est une femme effacée, soumise, elle ne prend pas d’initiatives en présence d’hommes, elle ne perd jamais son sang froid. Elle est en retrait, passive, lassive… Massive. Elle attend. Elle ne drague pas. Elle Attend. (Du moins, c’est ce qu’on voudrait qu’ elle soit)

Elle attend , ce que la vie… les hommes voudront bien lui donner. Toujours dans la retenue, elle ne rit pas à gorge déployé. Elle ne tend pas un objet à un « adulte » avec la main gauche… Elle a toujours l’air de faire la révérence, devant les hommes, les anciens.

Oui, mais… moi… je ne suis pas ça. Quand je ris, je ris franchement. Quand je pleure, je pleure et je n’ai jamais vu ça comme une manifestation de faiblesse. Je vis franchement, ni trop ni trop peu.

J’ai essayé des années durant d’être ses femmes là. Mais c’est impossible. Ça m’est impossible.

Je suis juste moi. Quelqu’un a encore sous entendu aujourd’hui que j’avais trop de caractère.

L’ancien mécanisme a failli se mettre en place. Et puis je me suis rappelé que je ne suis pas responsable de ce que les gens pensent de moi. Ils me voient à travers leurs histoires.

Ce que je trouve dommage, c’est la prison mentale qui enferme la plupart des femmes noires d’occident.

On a grandit ici, on a la chance d’avoir des droits, des opportunités, on peut se réaliser. Mais on refuse la liberté de penser, d’être. On s’attache à un modèle de société archaïque où on continue d’être l’esclave de l’approbation masculine.

Je trouve que cette image le reflète bien :

Ce que vous venez de voir est l’unique démonstration de réussite aux yeux de la femme noire moyenne d’occident.

Plus jeune, j’ ai eu des amis dans cette communauté: »Que dire, que faire pour prouver aux hommes en âge de se marier que je suis douce, calme, vertueuse, une bonne épouse, pas comme mon amie… Je ne parle pas trop, d’ailleurs je ne pense pas trop. »

Les années ont passées et j’ai finis par me marier, aussi. J’ai rencontré ce genre d’hommes dont la virilité ne varie pas en fonction du caractère de la femme qui est en face de lui.

On a pas besoin de limiter les femmes, les asservir pour être un homme. Le vrai masculin ne se sent pas menacé par le féminin, il l’embrasse et compose harmonieusement avec.

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